Lila Martel

Lila MARTEL

Le sabre icaunais

Lila MARTEL
Le sabre icaunais

portraits

La botte monestésienne

Explosivité et vivacité, Lila Martel porte haut, à la vie comme sur la piste d’assaut, les qualités du sabreur. Championne de France des moins de 20 ans par équipe en 2023 à Charleville-Mézières, Lila affiche son tempérament combatif aussi bien lorsqu’elle évoque ses objectifs sportifs que ses études. S’il est reconnu aux sabreurs des compétences et une habilité « perceptivo-décisionnelles » exceptionnelles, ces dispositions se retrouvent dans chaque propos de Lila, dans sa vision du sport de haut niveau et de son avenir professionnel.

On comprend mieux comment la jeune icaunaise a pu concilier un programme sportif exigeant avec des études rigoureuses à Sciences-Po avec succès. Si le hasard lui a mis un sabre dans la main à 7 ans, c’est bien ses prédispositions qui ont époustouflé la maître d’arme Beata Zold qui a conclu, à l’occasion de ce qui devait être une simple initiation, à un « haut potentiel ». Extrêmement à l’aise avec le sabre en plastique qu’elle maniait pour la première fois, la jeune fille était invitée à revenir. Lila est donc revenue et s’est inscrite l’USCM Escrime de Monéteau. Dès le début, Beata Zold juge que ce « haut potentiel » doit être encadré, accompagné afin de le faire éclore. Il est décidé de dispenser à Lila deux entraînements d’une heure trente par semaine.

L’escrimeuse débutante rattrape rapidement le niveau des enfants qui pratiquaient depuis deux ans. Lila intègre ensuite la section sportive du collège Saint-Joseph d’Auxerre afin de pouvoir s’entraîner 4 fois par semaine.

Le soutien de la famille

Étonnés que leur fille ait été détectée, surpris qu’elle ait apprécié manier le sabre, les parents de Lila se prennent au jeu : une nouvelle organisation familiale se met en place pour emmener leur fille aux entraînements, puis aux compétitions qui ont lieu le week-end. C’est que Lila a un frère et deux sœurs. Et comme Lila excelle, les déplacements débordent de plus en plus de l’Yonne pour couvrir le niveau régional, puis national. Toute la famille soutient le petit prodige qui finalement n’est pas le seul de la maison puisque la petite sœur Elfie décide également d’enfiler le casque et la tenue d’escrimeuse. Sans doute une disposition familiale, puisqu’Elfie suit le parcourt départemental, régional, national et international de sa grande sœur !

Un sabre et un mental

A quinze ans, Lila rejoint, à Orléans, le Pôle France Relève qui est la structure fédérale de la Fédération française d’escrime. Tout s’accélère pour la lycéenne qui atteint désormais le haut niveau et le cercle très restreint des douze meilleures françaises. Les entraînements sont quotidien. Les compétitions l’emmènent en Italie, Hongrie, aux États-Unis…

Mais si le sport change de dimension, il faut garder la tête sur les épaules. Parce que dans le sport rien n’est acquis ; parce que l’escrime, hors Jeux Olympiques, n’est pas médiatisé ; parce que seules les quatre meilleures escrimeuses sont prises en charge financièrement par la fédération, les études restent primordiales.

Le sabre développe un mental, un état d’esprit, une force de compétition qui se transforme en force de conviction. Lila brille au lycée et ambitionne d’entrer à Science-Po. Un challenge de plus de gagné ! Aujourd’hui en 3e année, elle réalise son stage à Bologne.

Loin de son club, elle regrette de pratiquer un peu moins mais compense en maintenant sa condition physique, son jeu de jambe qui, après le sabre, est sa seconde arme. Toute la technique, l’explosivité réside dans les appuis, la mobilité afin de porter une attaque ou pour réaliser une parade. Étudier en Italie qui est l’une des meilleures nations d’escrime au monde, la motive ; l’Icaunaise apprend beaucoup de cette autre vision de la discipline.

Pari 2028 !

Les Jeux de Paris ? Trop tôt ! Lila rappelle qu’un escrimeur atteint sa maturité sportive entre 25 et 30 ans. La jeune championne sait par conséquent que la patiente est sa meilleure amie. Peaufiner sa technique, son mental… Aussi son pari olympique se dessine-t-il à Los Angeles en 2028. Elle y pense déjà, se concentre sur cet objectif. Pour l’atteindre, il faut intégrer l’équipe nationale senior. Le chemin à parcourir est encore long ; elle en a conscience, elle est prête à l’arpenter pour parvenir à la première marche du podium.

Si côté sportif, Lila connaît ses atouts et ses faiblesses, il reste à trouver des sponsors pour donner vie à son rêve olympique. Mais à 20 ans avec une telle maturité, nul doute qu’elle saura convaincre des partenaires de l’accompagner dans cette aventure exceptionnelle.

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