Arnaud Delestre

Arnaud DELESTRE

Président de la Chambre d’Agriculture 89

Arnaud DELESTRE
Président de la Chambre d’Agriculture 89 

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Pour lui, c’est indéniable, l’agriculture possède de vrais enjeux devant elle pour produire de l’alimentaire de qualité. A l’heure où l’on évoque de plus en plus, dans le sérail économique hexagonal, la nécessité de développer la « souveraineté » qui permettrait de redorer le blason  de la « Ferme France » – aujourd’hui située à la sixième place mondiale – quelque peu malmenée après l’épisode répétitif de la COVID et de ses multiples incidences. Optimiste de nature, le président de la Chambre départementale agricole de l’Yonne se dit très heureux de relever les défis…

Soixante personnes ont été aidées en 2022…

Optimiste de nature, Arnaud DELESTRE ? Oui, il aime se définir ainsi dès qu’il parle de cette filière chère à son cœur, cette agriculture et ses nombreux dérivés qui y sont englobés en assumant la fonction de président de la chambre consulaire ad hoc. Une chambre qui ne cesse d’avoir le vent en poupe et qui demeure force de proposition à bien des égards. Tant dans l’accompagnement des jeunes qui éprouvent le besoin de s’installer qu’auprès des plus anciens qui envisagent de céder tôt ou tard leurs exploitations.

Il est d’ailleurs le premier surpris par cet engouement envers les opportunités professionnelles offertes par la filière. « On aide de plus en plus de personnes à l’installation, précise-t-il, une soixantaine au terme de l’exercice 2022 soit une progression de dix à quinze établissements par rapport à l’année antérieure… ».

Des besoins de reconversion de plus en plus avérés…

Qui l’eut cru ? Alors que le milieu agricole traverse des crises importantes après les évènements imputables à la crise sanitaire et la flambée des cours des matières premières quand ce n’est pas la crise énergétique !

Une tendance qui a été confirmée par la fréquence du nombre de visiteurs venant se renseigner sur les points installation qui existent sur notre territoire. Rien que sur les douze derniers mois, ce sont plus de 250 contacts qui y ont été recensés !

Peut-on décemment parler de « vague verte » qui viendrait secouer le cocotier de nos campagnes avec un tel engouement des plus jeunes – voire de personnes plus avancées dans l’âge – mais en quête d’une reconversion et d’une envie d’autre chose ?

Les quadragénaires, sources d’avenir…

Quant au profil de ces convertis de la dernière heure, il est plutôt intéressant. Bon nombre de trentenaires et de quadragénaires possèdent des attaches familiales, voire professionnelles sur le territoire icaunais. Mais, le reliquat est quant à lui totalement hermétique à cette primauté icaunaise. Avec une préférence pour l’Ile-de-France voisine ou d’ailleurs.

« C’est sûr, ajoute malicieusement Arnaud DELESTRE, ces personnes qui se projettent dans la vie agricole ne désirent pas s’installer et débuter une nouvelle vie en reprenant trois cents hectares de céréales ! Leurs projets sont viables mais beaucoup plus segmentés sur de la vente directe de produits issus de l’élevage bovin, caprin ou ovin… ».

Faire muer un élevage bovin en caprin…

Convaincre les cédants que leur terre a encore un avenir n’est pas aussi simple que cela. C’est pourtant à quoi s’attèlent les services de la Chambre départementale d’Agriculture parmi ses missions régaliennes.

« Une exploitation peut se transformer grâce à un néo-agriculteur à une terre de maraîchage, souligne Arnaud DELESTRE, parce que cette dernière le permet. On peut également faire muer un élevage qui accueillait jusqu’alors des bovins en élevage accessible aux caprins et ovins. C’est quelque chose de plus en plus prisée dans nos campagnes à l’heure actuelle… ».

La bio perd du terrain au profit des circuits locaux…

Plusieurs structures fonctionnent de la sorte dans l’Yonne, avec réussite de l’aveu du président de la chambre consulaire. De cinq à six rencontres annuelles avec les cédants sont organisées par les services techniques de l’organe institutionnel afin toujours de proposer des solutions qui soient profitable à la pérennisation de l’outil agricole dans l’Yonne.

Seul revers à la médaille observé par Arnaud DELESTRE : la bio qui est en vraie souffrance après la période d’embellie constatée lors de la COVID et de la période successive des confinements, notamment sur le secteur de niche que représente le lait. Avec davantage de production que de demande. Les professionnels s’interrogent à la sécurisation de leurs débouchés en les développant avant de chercher de nouvelles conversions. Mais, le recul est bel et bien là. Depuis 2015, les demandes de conversion en bio diminuent de manière drastique. La cause au changement de paradigme des consommateurs qui se sont orientés vers les produits locaux – la filière courte fonctionne plutôt bien dans notre département – plutôt que de persister dans la bio, plus coûteuse à l’achat.

Thierry BRET

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